Résumé de mon mémoire

Publié le par Florence Noël, diététicienne nutritionniste


 Prise en charge d’une patiente souffrant de boulimie

 

 Cas clinique

 

 

           Mlle F. est une jeune femme de 26 ans souffrant de boulimie

           Les crises sont devenues très rares et elle ne les vit plus comme avant

           Il lui est encore difficile de réintroduire les féculents, de s’autoriser à laisser des aliments dans son assiette

           Elle pèse ses aliments pour se rassurer

 

  Sa demande :

 

           Insatisfaite de son poids/de son corps, elle n’ose pas porter certains vêtements

           Ses grignotages la gênent fortement

 

 

Objectifs des séances de sophrologie

 

  Deux objectifs principaux :

 

           Lui apprendre à se relaxer, à ressentir son corps

           L’amener à ressentir/se remplir de sensations et de plaisir alimentaires

  

Et puisque tout est imbriqué, des objectifs qui découlent des précédents :

 

           L’aider à retrouver sa féminité, sa part de féminin,  à se mettre en valeur

           L’aider à retrouver sa confiance en soi

           Lui montrer qu’elle a des capacités à gérer ses émotions et ses prises alimentaires

 

  3 séances de sophrologie

  

1)   Sophrologie de base et signe-signal 

 

         Se recentrer sur soi, ses ressentis corporels

         Atteindre le seuil sophro-liminal, un état de conscience entre veille et sommeil, pour intégrer tous les effets bénéfiques de la détente corporelle complète, associée à un mental au repos

         Le signe-signal, pour associer une image de bien-être à la détente obtenue, image que l’on peut rappeler en cas de tension.

         

2)   Sophro-acceptation progressive « vêtements » (écrite pour elle)

 

           Chauffage corporel

           Gestes du cou

           Sophrologie de base assise

           Sophro-acceptation progressive « vêtements »

           Reprise 

 

            SAP :

 

         Se visualiser dans des vêtements qu’elle aime mais qu’elle ne porte pas

         Développer la confiance en soi

         Ressentir sa féminité

         Se mettre en valeur.

 

  3)   Sophro-acceptation progressive « sensations alimentaires » (écrite pour elle)

 

           Respiration apaisante debout

           Sophrologie de base assise

           Sophro-acceptation progressive « sensations alimentaires »

           Reprise

 

          SAP :

 

         Se visualiser en train de manger sans faire de crise et en ressentant toutes les sensations alimentaires

         Se reconnecter à ses cinq sens et éprouver son corps pleinement

         Retrouver du plaisir alimentaire

         Développer la confiance en soi

         Lui montrer ses capacités           

         Evacuer ses peurs.

  

Les changements observés

 

           Ses tenues se sont modifiées et elle se sent mieux dans son corps

           Les grignotages ont considérablement diminué ainsi que les quantités

           Elle n’a plus peur des écarts alimentaires et ne culpabilise plus

           Elle parle - enfin - de plaisir alimentaire

  

Et

           Mlle F. ne fait plus de crises de boulimie

           Elle a perdu du poids

           Elle se tourne plus vers la qualité des aliments que vers la quantité

           En recueillant toutes ses sensations elle peut manger sans souffrance

           Elle s’est réconciliée avec son assiette  … et avec elle-même

 

 

Evaluation du travail effectué à l’aide des questionnaires B.I.T.E .

  

Questionnaire n°2 : à un an du premier et avant les séances de sophrologie

Questionnaire n°3 : à 6 mois du second et après les séances de sophrologie

 

Echelle de symptômes :    

 

Questionnaire n°1 : score à 27, « boulimie élevée »      

Questionnaire n°2 : score à 16, « frénésie alimentaire à  investiguer »

Questionnaire n°3 : score à 5, « comportement dans la norme »

  

Echelle de sévérité :    

 

Questionnaire n°1 : score à 9, « cliniquement significatif »

Questionnaire n°2 : score à 0, « cliniquement non significatif »

Questionnaire n°3 : score à 0, « cliniquement non significatif »

 

   

  Conclusion

 

 

         La plupart  de mes patients ont besoin de lâcher prise. Mais pour eux lâcher prise, c’est se résigner, avec le risque que tout s’emballe alors qu’ils fonctionnent en pilotage automatique.

 

 « Lâcher prise signifie littéralement ce que ça dit : c’est une invitation à cesser de se cramponner aux choses … . C’est abandonner la contrainte ( restriction et interdits alimentaires), la lutte (contre son poids, sa silhouette, ses pensées, ses émotions), … pour quelque chose de plus fort et de plus sain (fonctionner selon ses propres valeurs, retrouver du bien-être),  … ».

 

Jon kabat-Zinn, Où tu vas, tu es, Paris, J’ai Lu, 2005, 288 pages, ISBN 978-2-290-34344-9 )

 

Je travaille déjà sur le comportement et les cognitions avec mes patients = faire et penser. 

La sophrologie et la relaxation sont des outils supplémentaires =  ressentir.

L’ensemble = ETRE.

 

 

 

Commenter cet article