L'orthorexie

Publié le 16 Octobre 2007

L-accomplissement-1909--G.-KLIMT.jpgL’orthorexie a été décrite pour la première fois en 1997 par le Dr Steve Bratman , qui en était lui-même atteint. Ce terme nous vient du grec : « orthos », qui veut dire « correct », et « orexis », qui signifie « appétit ». Il décrit un rapport névrosé à l’alimentation. L’acte de manger est détourné puisque l’aliment ne joue plus son rôle premier qui est d’apporter les nutriments, vitamines, minéraux nécessaires à notre organisme, mais celui de « médicament », autrement dit, il devient « alicament ». Le sujet ne se nourrit plus, il se soigne, il occulte les notions de plaisir, de convivialité autour du repas. L’orthorexie est assimilée à un trouble du comportement alimentaire, comme l’anorexie ou la boulimie.
 
Les messages de prévention (moins de gras, de sucre, de sel, plus de fruits, de légumes, attention au mercure, aux dioxines, etc…) peuvent avoir des effets pervers chez certaines personnes. L’angoisse de manger quelque chose de malsain les poussent alors à mettre en place des règles draconiennes concernant leur alimentation : elles traquent sans répit tout additif, colorant, conservateur, pesticide, … Elles ne sont pas préoccupées par leur poids comme les anorexiques et les boulimiques mais bien par la qualité de leurs aliments, qualité qui se doit d’être irréprochable. Malheureusement, ces règles peuvent affecter les relations interpersonnelles : les orthorexiques se coupent socialement. Il n’est pas toujours possible de trouver tous les aliments jugés bons pour sa santé, et les repas à l’extérieur, au restaurant, en famille, finissent par être impossibles. Il n’est d’ailleurs pas rare que l’orthorexique sorte avec son « kit de secours », sa nourriture personnelle. Au final, l’orthorexique risque de manger de moins en moins et être sujet à des carences nutritionnelles, résultats évidemment contraires à ceux escomptés.
 
De la modération avant tout.
 Il ne faut pas « prendre au pied de la lettre » tous les messages sanitaires : manger peu salé ne veut pas dire sans sel, diminuer les apports sucrés ne doit pas amener à supprimer tous les produits sucrés, de même pour les matières grasses, … Et si la préoccupation de manger sain est certes légitime, ce ne doit pas devenir une obsession, au détriment de sa santé physique et morale.
 
Le test de Bratman
 
Consacrez-vous plus de trois heures par jour à votre régime alimentaire ?
Planifiez-vous vos repas plusieurs jours à l’avance ?
 La valeur nutritionnelle de votre repas est-elle, à vos yeux, plus importante que le plaisir de déguster ?
La qualité de votre vie s’est-elle dégradée, alors que la qualité de votre nourriture s’est améliorée ?
Etes-vous récemment devenu plus exigeant avec vous-même ?
Votre amour-propre est-il renforcé par votre volonté de manger sain ?
Avez-vous renoncé à des aliments que vous aimiez au profit d’aliments « sains » ?
Votre régime alimentaire gêne-t-il vos sorties, vous éloignent de votre famille et de vos amis ?
Eprouvez-vous un sentiment de culpabilité dès que vous vous écartez de votre régime ?
Vous sentez-vous en paix avec vous-même et pensez-vous bien vous contrôler lorsque vous mangez « sain » ?
 
Résultats :
En répondant oui à 4 ou 5 des questions ci-dessus, vous révélez qu’en ce qui concerne votre alimentation, mieux vaudrait avoir une attitude plus détendue.
En répondant oui à toutes les questions, vous montrez que vous êtes complètement obsédé par le fait de manger sain.

Rédigé par Florence Noël, diététicienne, Bourg en Bresse, 01

Publié dans #Le comportement alimentaire

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